Posté le 26/07/2010
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

Les régions françaises ont une forte culture, et beaucoup aiment à voir leur région comme un petit état à l’intérieur de notre cher pays qu’est la France. Chaque région a ainsi son histoire et ses traditions, sa gastronomie, son dialecte et de nombreuses autres particularités. Mais au Japon, le mot d’ordre est uniformité.

Lorsque l’on voyage au Japon, de la froide et rurale île d’Hokkaido au Nord, à Kyushu au Sud, en passant par l’île principale d’Honshu est ses grandes villes, il y a quelque chose qui est frappant : tout se ressemble. Les villes et villages, les routes, les panneaux, les cabines téléphoniques, les bâtiments publics tels que les écoles ou les mairies… Tout semble suivre le même cahier des charges, la même empreinte, avec pas ou peu de variations entre les régions.

Mais il y a une exception : le climat rigoureux du Nord du Japon requiert certaines adaptations en terme d’architecture, afin de faire face aux importantes chutes de neige spécifiques à cette partie du pays. La plus frappante de ces différences est l’orientation verticale des feux tricolores, qui évite à la neige de s’entasser dessus. Dans le reste du Japon, les feux sont habituellement disposés à l’horizontale, comme sur l’illustration ci-dessus.

Posté le 16/07/2010
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Grâce (ou à cause) des différences de langue et de culture, les japonais sont particulièrement doués pour rendre complexes certaines choses si évidentes chez nous. Ainsi, des mots aussi simples que « oui » et « non » peuvent déjà prêter à confusion. En japonais, « oui » se prononce « haï », mais est également utilisé pour signifier à la personne qui vous parle que vous l’écoutez avec attention (cela s’appelle « aizuchi »).

Pour un étranger, il n’est alors pas rare de penser que votre interlocuteur, qui ne cesse de répéter « haï… haï… » est d’accord avec ce que vous lui dites… Alors que cela peut tout à fait ne pas être le cas ! Le mot « non », quant à lui, se prononce « ii-é ». En pratique, les japonais n’aiment pas utiliser ce mot, synonyme d’avis trop tranché pouvant les impliquer plus que raison. Ils utilisent alors de nombreuses nuances pour dire « non », telles que « sukoshi » ou « chotto » (littérallement « un petit peu »).

Si vous demandez à un japonais s’il aime les cookies que vous venez de cuisinier, plutôt que de vous dire « non je ne les aime pas », il cherchera à contourner ce non en vous répondant « chotto… » – « dommage, ils sont un petit peu… ». Le mot non « iié » est également utilisé pour dire « de rien » lorsque que quelqu’un vous remercie – une façon de souligner à votre interlocuteur qu’il n’a pas à vous remercier pour ce que vous avez fait pour lui.

Posté le 04/07/2010
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

Si vous restez vivre au Japon pour un petit moment, études, voyage d’été, petit boulot ou autres, vous serez rapidement surpris par la façon dont les japonais composent leurs adresses. Quand en France nous avons des rues et numérotons les maisons, les japonais, eux, numérotent les blocs et les bâtiments.


Ainsi, si vous êtes perdu au Japon, ne demandez pas comment s’appelle cette rue. La plupart du temps, les rues japonaises n’ont pas de noms ! D’une manière générale, les villes japonaises sont organisées quartiers (aussi appelés districts), en blocs, et les rues ne sont rien de plus que les espaces vides entre chaque blocs. Sur le plan ci-dessous (Sangenjaya), vous pouvez voir les numéros de chaque bloc. Les maisons sont également numérotée, ou portent directement le nom du propriétaire ou de l’entreprise. Les rues sont désespérément vides de noms !


Les adresses postales japonaises se composent donc de la province et/ou de la préfecture, suivies par la ville, puis d’une série de trois numéros : celui district, du bloc, et du bâtiment. Alors, soyez compréhensif si un japonais perdu dans Paris vous demande quel est le numéro du bloc juste devant vous ! ;-)

Posté le 18/05/2010
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

Les japonais aiment les choses conventionnelles, propres, et bien rangées. Et c’est souvent dans les lieux publics fréquentés que l’on s’en rend le mieux compte, principalement sur les passages piétons et dans les files d’attente. Les japonais adorent attendre en file indienne. C’en est presque un toc : plus une file d’attente est longue, plus vous avez de chances de voir de nouveau japonais la suivre : nouveau magasin, nouveau restaurant, déstockage, nouveau jeu vidéo, tout est prétexte à faire la queue, et la logique populaire veut que plus la file d’attente est longue, plus le résultat en vaut la chandelle !

En effet, si aucune file d’attente ne se forme devant un snack, les japonais considèreront qu’il fait de la mauvaise nourriture et auront tendance à aller voir ailleurs. La longueur de la file d’attente est directement proportionnelle à la qualité du produit (vraiment, ce n’est pas comme chez nous), et cela ne dérange personne d’attendre plus d’une heure pour déjeuner dans le meilleur restaurant de ramen de Tokyo. Mieux encore, surfant sur les nouvelles technologies, certains établissements annoncent leur temps d’attente en temps réel sur Twitter ou Facebook, comme le célèbre Gundam Café d’Akiba.

Posté le 15/01/2010
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

Il existe une vieille croyance japonaise racontant que les années de vos 25e, 42e et 61e anniversaires sont des années d’infortune, pour les hommes. Les femmes quant à elles sont touchées lors de leurs 19e, 33e et 37e années. Yakudoshi 厄年 – composé des kanji Yaku 厄 (calamité) et Doshi 年 (année) -, c’est ainsi que les japonais appellent ces années de malchance venues d’anciennes croyances bouddhistes chinoises il y a plusieurs centaines d’années. Ainsi, les japonais évitent d’entreprendre certains projets importants comme la construction d’une maison, la création d’une entreprise ou encore un mariage durant ces années.

Le Yakudoshi est la superstition japonaise la plus connue, mais il en existe d’autres comme vous vous en doutez : ne sifflez par la nuit ou vous serez attaqués par des serpents, par exemple, ou encore si trois personnes apparaissent ensemble sur une photo, celle du milieu mourra jeune (corollaire : que se passerait-il si ma soeur et moi-même allions faire une photo avec notre grand mère entre nous ?). Contre quelques yens, il est bien sûr recommandé d’aller conjurer le mauvais sort dans un temple bouddhiste.

Illustration : un porte-bonheur communément utilisé au Japon contre les Yakudoshi, portant le kanji de la longévité.

雨降って地固まる [Ame futte ji katamaru] – après la pluie, le sol devient ferme (après la pluie, le beau temps)

Posté le 17/12/2009
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

Dans la région du port de Kure, tous les terrains plats ont été construits depuis longtemps. Mais qu’à cela ne tienne, les japonais ont réponse à tout avec cette maison en flanc de colline. Bâtie sur des poutres métalliques qui la soutiennent depuis maintenant 40 ans, cette maison dont la solidité semble pourtant précaire a résisté à tous les tremblements de terre.

人は見かけによらぬもの [hito wa mikake ni yoranu mono] – les gens ne sont pas ce qu’ils paraissent (il faut se méfier des apparences)

Posté le 24/11/2009
sous Insolite par Nicolas "Panda" Koenig

mitsubishi-bankLe Japon fait face depuis plusieurs années à un problème de natalité inquiétant. Le pays manque de jeunes et sa population vieillissante se prépare à faire face au douloureux problème des retraites. Si d’ici 2050, la population baisse de 30%, qui payera pour les retraités ? Comment maintenir une industrie prospère si la main d’oeuvre n’est pas renouvellée ? Pour répondre à cette inquiétude, la banque Mistubishi UFJ encourage ses employés à rentrer tôt le soir pour passer du temps en famille, et contribuer ainsi à augmenter la natalité de cette « société sans enfants » décriée par les media. Avec seulement 1,3 enfant par famille, le Japon est bien en dessous de la moyenne nécessaire au renouvellement de la population (2).

Trop longtemps au travail, trop stressés, les japonais ne consacrent que peu d’énergie à leur vie de couple. On se marie tard (30 ans en moyenne), et avoir un enfant hors mariage est encore très mal vu. Beaucoup de facteurs qui, en sus de la crise économique, découragent les japonais à faire des enfants et assumer une nouvelle charge financière. Avec l’arrivée récente du parti démocrate piloté par Yukio Hatoyama, de nouvelles primes ont été promises aux parents japonais : 4000 € de prime à la naissance, et 200 € d’allocations mensuelles. De plus, le gouvernement prévoit d’augmenter significativement le nombre de crèches, pour encourager les japonaises à ne pas abandonner leur carrière et reprendre rapidement une activité après la naissance de leur enfant.

Malgré cela, il semblerait pourtant que les salariés de Mitsubishi UFJ aient du mal à décrocher de leur travail 50 minutes plus tôt que prévu…