posté le 27/05/2009
sous Hi-tech par Nicolas "Panda" Koenig

paroConfronté à une population déclinante, l’Archipel veut être prêt quand le marché s’ouvrira. Il regorge de robots compagnons aux formes et aux sens de plus en plus proches de ceux de l’humain. Paro ressemble à une grosse peluche. Ce bébé phoque de 57 cm, pesant 2,7 kg, répond à la voix et réagit à la lumière. Lancé en 2005, il est exporté à présent dans plus de vingt pays. Son rôle, veiller sur les personnes âgées et signaler toute anomalie dans leur comportement ou leur environnement. Une mission guère éloignée de celle de Ifbot, capable de faire la conversation avec les aînés. Ifoot, de Toyota, se définit plutôt comme le successeur du fauteuil roulant, tandis que Papero est le compagnon des enfants, capable de les prendre en photo et d’envoyer les clichés sur un portable. Quel point commun ont-ils avec Asimo, le robot-vedette de Honda, dont la dernière génération parvient à courir pendant quelques millisecondes et qui est même allé sonner la cloche à Wall Street ? Aucun, a priori. Sauf qu’ils sont des centaines au Japon, chacun avec une fonction précise ou un aspect bien spécifique, et se rapprochent de plus en plus de l’humain, par ses formes et au niveau de ses sens aussi.

En présentant il y a quelques semaines un robot capable de servir le thé et de faire la vaisselle, ou encore la première « robote », à l’allure d’une femme de 1,58 m pour 43 kg, le Japon a confirmé les avancées de sa recherche dans les humanoïdes. Ces tout derniers jours, c’est Kobian qui a fait ses premiers pas en sachant se montrer tour à tour triste, joyeux ou en colère. Au total, il peut exprimer sept types d’émotion.
Par transmission de pensée

Si elles ne cumulent pas encore en un seul robot les cinq sens de l’humain, ces machines japonaises s’en rapprochent à grands pas. Notamment avec leur « peau », truffée de « microsensors », capables de sentir un poids de 1 gramme. Leur côté ludique, comme le défilé de mode pour la robote, une coupe du monde de foot, contribue à les intégrer davantage dans la vie quotidienne, tout en faisant avancer les travaux de recherche. Ainsi, en leur faisant jouer une pièce de théâtre, les robots doivent améliorer leur diction, mais aussi développer leur capacité de mémoire et, bien sûr, faire passer une émotion.

L’autre axe de recherche, qui commence à donner des résultats, met en scène un robot qui obéit par transmission de pensée et peut donc être commandé à distance. Voilà qui ouvre de nouveaux champs, en particulier en matière médicale. D’une manière plus générale, les robots humanoïdes représentent un des domaines où le Japon est leader mondial. Il dispose notamment d’un laboratoire qui parvient à mêler la robotique et les travaux sur le cerveau.

L’enjeu est d’être prêt quand le marché s’ouvrira. Pour cela, le Japon a un aiguillon et non des moindres : le déclin plus rapide que prévu de sa population. D’ici à 2050, l’Archipel ne devrait plus compter que 95 millions d’habitants contre 128 millions actuellement, avec un taux de seniors supérieur à 40 %. Robots compagnons ou assistants hospitaliers, ils devraient aussi progressivement remplacer la main de l’homme sur les chaînes de production. En attendant cette nouvelle main-d’oeuvre, les Japonais s’en donnent à coeur joie en remplaçant leurs compagnons à quatre pattes bien vivants par des « pet robots ».

Pleo est une version élaborée du Tamagochi. Il arrive chez son propriétaire en bébé dinosaure et développe sa personnalité en fonction de son nouvel environnement. Après son iDog, Sega a développé Yume Kuma, un poney de 1,20 mètre de haut qui réagit à différentes sollicitations sans toutefois bouger ses pattes. Moyennant 500 euros, il peut trouver une place auprès d’enfants, à la différence de Sony qui, avec son chien Aibo, n’a jamais trouvé son public. A cause d’un prix jugé trop élevé.

MICHEL DE GRANDI, Les Echos

Articles similaires :

Laisser un commentaire
Nom :
E-mail :
Site :
Commentaire :