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Voyage au Japon Le Japon et sa culture, voyage, histoire, actualité, tourisme
La stratégie de l’échec Dernier hic de taille : les Japonais sont particulièrement loyaux, c’est leur culture, à la fois à leur marque de portable et à leur opérateur mobile. Et Apple leur demandait de changer les deux… « Côté pratique, c’était aussi une catastrophe », charge encore Paul Papadimitriou, consultant Web au Japon, « aucun des services les plus appréciés par les Japonais, à commencer par les horaires des métros et trains, n’était accessible. Ceux qui voulaient absolument l’iPhone étaient condamnés à vivre avec deux téléphones : celui d’Apple et un keitai ». Sauvé par ses fans Passé le lancement, les ventes se sont certes tassées, faisant douter les analystes et même certains journalistes français (mon article de l’an dernier sur les débuts difficiles de l’iPhone). L’iPhone s’est pourtant révélé un redoutable coureur de fond. Les ventes se sont ensuite maintenues et depuis la sortie de sa dernière version, le 3GS, cet été, il ne quitte plus le trio de tête des portables les plus écoulés. Dans le marché le plus saturé au monde, l’opérateur Softbank reçoit aussi les fruits de sa prise de risque. Après avoir baissé les prix de ses forfaits illimités à environ 45 euros, il est celui qui recrute le plus de nouveaux clients. L’iPhone avait aussi des atours que l’on n’avait pas vus. L’Appstore, la boutique en ligne de logiciels pour l’iPhone, avait toutes les chances de séduire ici car les Japonais étaient habitués à ce type d’offre qui existe depuis 15 ans sur leurs téléphones i-mode. Ils sont ravis d’investir quelques centaines de Yens pour améliorer les capacités de leur portable et la boutique d’Apple s’est très vite étoffée. Les services essentiels (train, métro…) sont arrivés, les jeux aussi. C’est tout un symbole : Hello Kitty, le chat préféré des Japonais, a déjà eu droit à plusieurs applications. Le mythique studio de jeu vidéo Konami a lui aussi adapté ses titres phares sur le téléphone d’Apple, comme Metal Gear Solid ou Dance Dance Revolution. Il ne faut donc plus hésiter à parler de succès. Lors d’une virée en métro à Tokyo, il est d’ailleurs devenu rare de ne pas tomber sur quelques utilisateurs d’iPhone. Selon des chiffres officieux (Softbank ne communique pas plus qu’Apple) mais crédibles, l’archipel en compte désormais 2 millions. Mais comme il a été un temps exagéré de parler d’échec de l’iPhone au Japon, il est bien trop tôt pour parler d’une nouvelle ère. Les keitai représentent encore 98% du marché, et même si NTT DoCoMo commence à son tour à faire de la place aux smartphones (Blackberry ou Android), ils ont encore un bel avenir. « L’avantage des grands opérateurs japonais, c’est qu’ils contrôlent le système fermé du web mobile auquel se connectent les keitai, et donc ses recettes. Ils n’ont aucun intérêt à y mettre un terme », commente ainsi Paul Papadimitriou auprès de LCI.fr. L’iPhone n’a pas fait vaciller la forteresse, mais il a ouvert une brèche…
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