Posté le 04/03/2008
sous Actualité par Nicolas "Panda" Koenig

Soft PowerLes stratégies d’influence entre Etats relèvent du cours normal des relations internationales, et à ce jeu, les Etats-Unis n’hésitent pas à déployer des moyens considérables pour « gagner les coeurs et les esprits ». La revue japonaise Japan Focus propose un article intéressant consacré à « l’offensive culturelle U.S. sur les intellectuels japonais » et rappelle les propos que le président Harry Truman avait tenus le 31 août 1945 : « la nature des relations internationales d’aujourd’hui doit conduire les Etats-Unis à maintenir des efforts informationnels à l’étranger et à les intégrer dans la conduite de notre politique étrangère ».

L’auteur de cet article, Takeshi Matsuda, précise qu’au sortir de la guerre, le Japon vaincu « était plongé dans un vide spirituel et extrêmement vulnérable à l’influence communiste ». Cela était particulièrement vrai des intellectuels japonais qui tenaient en piètre estime les Etats-Unis et leur culture. Afin de renverser cette tendance, « les diplomates de l’ambassade U.S. ont porté une extrême attention aux historiens japonais qui, à leurs yeux, exerçaient une grande influence sur leurs lecteurs. » La Rockefeller Foundation fut mise à contribution à hauteur de plus de 37 millions de dollars dont 7 millions furent alloués aux travaux historiques universitaires.

Au-delà des cercles intellectuels, les Etats-Unis ciblèrent également le public japonais au sens large en ouvrant une vingtaine de centres d’information et en finançant la présence d’une cinquantaine de bibliothécaires à travers l’archipel nippon.

Posté le 04/03/2008
sous Politique par Nicolas "Panda" Koenig

ObamaTOKYO (AFP) — Le candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine Barack Obama a remercié par écrit ses nombreux supporters d’une bourgade de l’ouest du Japon portant son nom, qui s’apprêtent à vibrer pour leur favori lors des primaires du Texas et de l’Ohio. Le petit port de pêche d’Obama – « petite plage » en japonais – s’est découvert une passion pour le sénateur de l’Illinois depuis la découverte de leur homonymie, malgré les 11.000 km séparant cette bourgade de Washington où le candidat espère s’installer comme premier président noir de l’histoire américaine.

Le maire de la ville a reçu lundi un courrier signé « Barack Obama », où le candidat a remercié la ville pour « son soutien et son encouragement » et les « touchants cadeaux » qu’elle lui a fait parvenir l’an passé – notamment une paire de baguettes laquées, la spécialité locale. M. Obama a écrit sa lettre en anglais mais a assorti sa signature d’un « votre ami » en japonais. « Nous partageons plus qu’un nom, nous partageons la même planète et des responsabilités en commun », a souligné le candidat. « J’attends avec impatience un avenir marqué par l’amitié entre nos deux grandes nations et par un engagement partagé pour un monde meilleur et plus libre », a-t-il conclu.

Le maire d’Obama, Toshio Murakami, a montré la lettre avec fierté à la presse japonaise, annonçant qu’il répondrait au sénateur sitôt connus les résultats des primaires du Texas et de l’Ohio, cruciales pour la désignation du candidat démocrate. Il ne sera pas le seul à trembler pour « Barack », une centaine d’habitants ayant prévu de se rassembler avec des tee-shirts et des bandanas proclamant « J’aime Obama ». Des « Hamburger Obama » seront servis aux convives. M. Murakami a plusieurs fois affirmé que M. Obama ferait un très bon président des Etats-Unis. Il n’a toutefois pas caché qu’un succès de son champion ferait aussi bondir la notoriété de sa ville, permettant d’attirer les touristes, voire, pourquoi pas, d’accueillir un sommet international.