posté le 14/01/2009
sous Economie par Nicolas "Panda" Koenig

Tokyo (AWP/AFP) – Des économistes d’organismes publics et privés ont pointé mardi le risque d’une augmentation importante du nombre de chômeurs au Japon, en raison de la proportion très élevée de travailleurs sous statut précaire qui servent d’amortisseurs d’excès de main-d’oeuvre lors des crises. « Au Japon, environ un tiers des salariés ont un contrat à durée déterminée ou sont intérimaires, ce qui est la part la plus élevée au monde derrière celle des Pays-Bas », a souligné, durant une table-ronde, Kazumasa Iwata, directeur de l’Institut de recherches économiques et sociales du gouvernement (ESRI).

« Nous sommes actuellement entrés dans une période d’ajustement du personnel (dans l’automobile et l’électronique notamment) et il existe un risque plus important que je ne le pensais d’une rapide aggravation du taux de chômage », a-t-il poursuivi, selon les propos rapportés par le groupe de presse économique Nikkei, organisateur de ce débat public à Tokyo. « Si les réductions d’effectifs qui ont débuté au milieu de 2008 se poursuivent ainsi jusqu’à la fin de cette année, 2 millions de personnes pourraient être concernées et, dans ce cas, il est possible qu’environ les deux tiers viendraient allonger les rangs des chômeurs », a renchéri le directeur de l’institut de recherches économiques du Nikkei.

Fin novembre (dernières statistiques disponibles), le taux de chômage au Japon se situait à 3,9% de la population active, en progression de 0,2 point par rapport à celui du mois précédent. On comptait alors 2,56 millions de chômeurs. Parallèlement, on recensait dans l’archipel seulement 76 offres de postes pour 100 demandes, contre 80 propositions un mois plus tôt, confirmant la rapide détérioration du marché de l’emploi. Dans ce contexte, la question du « partage du travail » fait surface. Elle nourrit les débats depuis plusieurs semaines dans la presse, sur les plateaux de télévision, lors de colloques et dans les entreprises touchées par la crise. « Nous avons déjà mis en place une expérimentation en ce sens », a affirmé mardi le PDG de la maison de négoce nippone Itochu, Eizo Kobayashi.

« Bien sûr, il n’est pas possible de partager des postes dans des activités qui exigent une spécialisation et un savoir-faire particuliers, mais nous devons par ailleurs utiliser à fond ce moyen » face à la crise, a-t-il insisté.

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