posté le 23/01/2009
sous Economie par Nicolas "Panda" Koenig

La banque centrale a décidé d’aider les entreprises japonaises alors que l’économie s’enfonce un peu plus dans la récession. L’excédent commercial en 2008 a fondu de 80 % sur un an.La Banque du Japon ne touche pas à ses taux d’intérêt mais a décidé d’agir en direction des entreprises. Le conseil de la politique monétaire a en effet annoncé, hier, que la banque centrale allait acquérir, temporairement, des billets de trésorerie émis par les entreprises les mieux notées (BBB), cela afin de faciliter leur refinancement. La banque centrale, qui n’achètera pas directement aux entreprises mais aux banques, va consacrer un montant maximum de 3.000 milliards de yens (26 milliards d’euros) à cette opération.

Si l’institut d’émission se substitue, en partie, aux établissements commerciaux, c’est surtout parce qu’il a pris la mesure de la dégradation des conditions d’accès au crédit. Il est bien entendu encore trop tôt pour juger de l’efficacité d’une telle mesure. A priori, elle pourrait être limitée du fait surtout des critères retenus concernant l’entreprise. En choisissant d’acheter le papier des meilleures entreprises, la Banque du Japon ne s’adresse pas forcément à celles qui souffrent le plus du rationnement du crédit. En outre, les marchés des titres privés comme les obligations ou les papiers commerciaux restent peu développés au Japon, où le recours au crédit bancaire reste la forme normale de financement externe des entreprises.

Nul ne s’en étonnera, la décision de la Banque du Japon a été saluée par le gouvernement, inquiet des réticences croissantes des banques à prêter aux entreprises. Du coup, ces dernières sont contraintes de différer leurs projets d’investissement, ce qui pèse davantage encore sur l’économie déjà ralentie par la crise mondiale et le niveau du yen.

La monnaie est un autre sujet de préoccupation des autorités. Alors que la devise japonaise a de nouveau enfoncé, hier, les 90 yens pour un dollar, son rapide raffermissement, fin 2008, a contribué au sérieux coup de frein sur les exportations. Elles ont, en décembre, chuté de 35 %, à 4.833,3 milliards de yens, signant là leur plus forte chute jamais enregistrée. Toutes les destinations sont à la baisse, à commencer par les Etats-Unis (-36,9 %), et l’Union européenne (-41,8 %) sans oublier l’Asie (-36,4 %) ou encore la Russie (-36,3 %).

Surtout, la mise en berne du commerce extérieur avec l’effondrement de 80 % de l’excédent commercial ramené à 2.157 milliards de yens (17,3 milliards d’euros), laisse craindre un très fort repli du produit intérieur brut au dernier trimestre. Les experts n’excluent plus une chute de plus de 10 %, voire supérieure aux -13,1 % de 1974. Pour justifier la descente de l’économie japonaise dans la récession, ils s’appuient notamment sur les résultats de novembre de l’activité industrielle : la baisse, de 8,5 %, a été la plus forte des cinquante dernières années. Source : Les Echos

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