posté le 13/03/2008
sous Culture par Nicolas "Panda" Koenig

Fondée il y a 127 ans, l’école primaire Nishibori, non loin de Tokyo, compte 339 élèves répartis en douze classes et vingt-huit enseignants. Comme toute école, ou presque, au Japon, elle dispose d’une cuisine. Les élèves mangent dans leur classe qui, le temps du repas, est transformée en réfectoire. Car la classe est aussi un lieu d’éducation aux principes de base de la nutrition et d’une alimentation saine.

Les élèves disposent les tables, mettent le couvert, servent leurs camarades à tour de rôle, débarrassent et passent la serpillière. « Le repas est aussi l’occasion d’initier les enfants à la sociabilité. Le ménage fait partie de l’éducation, indique Inosé Satomi, la directrice de l’école. Le boudhisme nous enseigne que l’on se doit de tenir propre son lieu de vie. »
Trois cuisinières travaillent à l’école, sous la responsabilité d’une enseignante et d’une diététicienne. « Les enfants, explique Tsunéko Iguchi, ne s’intéressaient pas beaucoup aux repas et ignoraient leur importance. Un sondage m’a appris que beaucoup d’enfants ne prenaient pas de petit déjeuner, se nourrissaient mal, préféraient le fast-food et mangeaient tard le soir. »

Inosé Satomi est la diététicienne de l’école. Elle fait partie de l’équipe enseignante. Au Japon, la plupart des écoles bénéficient des services d’une diététicienne. « L’école, dit-elle, essaie d’apprendre aux enfants le sens des repas. On leur raconte l’histoire de ce qu’ils ont dans leur assiette. » La diététicienne publie une feuille dans laquelle elle écrit de petites nouvelles qui sont lues et expliquées en classe. L’école dispose aussi d’un jardin potager dont la récolte est utilisée par les cuisinières. Un des élèves est élu par ses camarades pour suivre les relations avec la cantine et exprimer les souhaits des élèves. Les enfants apprennent ainsi à faire attention à la nourriture et à respecter le travail de tous ceux qui les nourrissent : jardiniers, agriculteurs, cuisinières…

« Ils prennent conscience des difficultés du travail des paysans auxquels ils rendent visite, ainsi que de la nécessité d’une alimentation saine », raconte Inosé Satomi, qui lutte contre la disparition progressive des repas traditionnels. « Un combat difficile, nous dit une mère de famille, car ce type d’alimentation entre en contradiction avec le mode de vie urbain, la famille cellulaire et le travail des femmes. »

Jean LE DOUAR, Ouest France

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