Le constructeur japonais a annoncé son retrait immédiat de la Formule1, alors que la dernière saison avait montré quelques résultats sportifs encourageants. La crise financière a sévèrement touché l’industrie automobile japonaise dans son ensemble. « Je m’excuse du fond du coeur auprès des supporters ». Les excuses d’Akio Toyoda, PDG de Toyota, ne devraient pas consoler les fans de l’écurie, qui voyaient avec plaisir les monoplaces rouge et blanche grappiller des places au classement des constructeurs depuis plusieurs années.
A son arrivée dans les paddocks en 2002, l’équipe japonaise ne pèse pas lourd. Elle finit la saison en 10e et dernière position. En 2003 et 2004, c’est à peine mieux: 8e. En 2005, elle finit par trouver une paire efficace. Avec Ralf Schumacher et Jarno Trulli, elle réalise sa meilleure saison, finissant le championnat à la 4e place. En 2006, Toyota poursuit sur la même voie et se classe 6e deux ans de suite. Elle fournit également le moteur de la Williams (4e). La marque est installée en F1. En 2008, Timo Glock remplace Schumacher, et Toyota finit 5e.
En 2009, les dirigeants nippons suivent alors avec intérêt leurs deux monoplaces. Le début de saison est difficile. Mais les dernières courses doivent sûrement leur donner satisfaction. Timo Glock finit 2e du GP de Singapour et une semaine plus tard, Trulli prend la même place au Japon. Glock se blesse lors de cette course. Son remplaçant, le Japonais Kamui Kobayashi, 23 ans, étonne pour les deux dernières épreuves: 9e au Brésil et 6e à Abou Dabi.
Malgré l’absence d’une victoire en course, la progression de l’écurie pouvait laisser prévoir un meilleur avenir. Mais après avoir consenti d’importants efforts financiers, voilà que les patrons crient « Stop ». C’est que c’est la crise, ma bonne dame. En 2008-2009, Toyota a subi les premières pertes de toute son histoire. L’année prochaine ne devrait pas être meilleure. Du coup, pas question de garder un seul orteil sur les grilles de départ. Le constructeur a renoncé à héberger le Grand Prix du Japon au pied du Mont-Fuji, et ne fournira plus les moteurs à l’écurie britannique Williams.
Une grille de départ 2010 ultra-pleine
Interrogé par l’AFP, Mamoru Kato, un spécialiste de l’industrie automobile au centre de recherche Tokai Tokyo, avance une autre raison, qui complète la première: « Comme les autres fabricants automobiles, Toyota est appelée à concentrer son investissement sur les technologies vertes (…) Arrêter les activités coûteuses qui ne sont pas dans le coeur de métier est une tendance lourde dans le secteur ». Avec le retrait de Toyota, c’est tout un pan de l’économie japonaise qui souffre. La liste des « morts au jeu » s’allonge au fil des mois: Honda et Bridgestone ont quitté la F1, Kawasaki la MotoGP, Mitsubishi le rallye-raid, Suzuki et Subaru le championnat du monde des rallyes.
Suite à ces différents retraits, on pouvait craindre pour l’avenir de la F1. Sauf que la FIA a bataillé pour réduire les budgets lors des prochaines saisons, et ainsi attirer de nouvelles écuries. En 2010, cinq nouvelles équipes s’aligneront. Du jamais-vu. Les Italiens de Dallara repointeront le bout de leur nez après une incursion à la fin des années 80, les Britanniques de Manor vivront leur première saison, tout comme Team US F1, et Lotus fera son grand retour. Et puisque le malheur des uns fait le bonheur des autres, les Suisses de Sauber reviendront en F1 après quatre ans d’absence, à la faveur du retrait de Toyota. On parle même d’une modification de règlement qui permettrait à une 14e écurie de s’aligner. Les argentiers de la F1 se frottent les mains. L’Express.