posté le 13/03/2009
sous Actualité par Nicolas "Panda" Koenig

soul-eaterUn hôtel chic du VIIe arrondissement de Paris. Dans le grand canapé en velours beige du hall, Atsushi Ohkubo peine à trouver sa place. Chemise ouverte sur un tee-shirt, jeans et baskets, le style est décontracté, l’air adolescent. De longues mèches de cheveux bruns encadrent un regard un peu perdu. On le salue d’un simple «hello», pas de réponse mais un sourire gêné.

Pour le jeune auteur de la série «Soul Eater», dont les deux premiers volumes sortent ce vendredi en France, c’est une première. Premier voyage en dehors du Japon, à l’occasion du Salon du Livre de Paris, et première interview face à une caméra. «Au Japon, les mangakas ne sont pas médiatisés», explique son éditeur français, Grégoire Hellot, qui l’accompagne toute la semaine. Et c’est justement parce que son visage n’est pas connu chez lui que son éditeur japonais, qui le suit aussi de très près, insiste pour qu’il ne soit pas filmé en gros plan… L’interwiew vidéo tourne court.

«Soul Eater», 5,5 millions d’exemplaires vendus au Japon
Avec plus de 5,5 millions d’exemplaires vendus et une adaptation animée pour la télévision, «Soul Eater» est un succès au Japon. En faisant un tour sur les forums liés à l’univers du manga, le néophyte comprend vite que la série est très attendue en France. Le «pitch» ? «De jeunes faucheurs d’âmes doivent récupérer un maximum d’esprits afin de transformer leur arme en une surpuissante « Faux de la mort ».» Voilà ce que dit le dossier de presse, qui garantit «combats haletants» et «humour décalé». Amitié, justice, bravoure… tous les ingrédients du «shonen» sont réunis dans ce manga qui vise un public adolescent et masculin.

Des personnages gothiques, un décor d’école, Harry Potter n’est pas très loin. Atsushi Ohkubo précise : «Je n’ai pas lu Harry Potter, mais j’ai vu le film. Les éléments de l’histoire étaient intéressants mais le film était raté. C’est ce qui m’a poussé à me lancer dans Soul eater.» Si lui-même ne lit pas de manga, le Japonais avoue des influences cinématographiques, David Lynch et Tim Burton notamment. Son inspiration colle à son époque. Quand il parle de Maka, l’une des héroïnes de Soul eater, il dépeint une «gothique lolita», semblable à beaucoup de jeunes Japonaises vêtues de noir et coiffées de deux longues nattes : «Elle se croit sérieuse mais elle est un peu nouille.»

De l’avis de l’auteur, Maka n’est pas très populaire chez les lecteurs japonais. Ces-derniers lui préfèrent les deux autres personnages principaux, Black star et Death the kid, «plus originaux et plus étranges». Leur personnalité plaira t-elle au public français ? Atsushi Ohkubo sait que la France, deuxième pays consommateur de mangas après le Japon, constitue un marché important pour sa série, mais il préfère ne pas y penser. «Les Français aiment les mangas japonais. Pourquoi cela s’arrêterait-il maintenant ?»

Propos recueillis par Le Parisien.

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