posté le 06/02/2009
sous Actualité par Nicolas "Panda" Koenig

mitsubishi-rallyeC’est devenu une mauvaise habitude, les victimes de la crise se comptent à la pelle. Depuis le mois de décembre dernier, les constructeurs japonais impliqués dans le sport automobile annoncent un à un qu’ils se retirent de la compétition. Après Honda en F1, Subaru et Suzuki en rallye, c’est Mitsubishi qui jette l’éponge à son tour, à commencer par le rallye-raid, sa discipline emblématique. Le communiqué, laconique, transmis tôt hier matin justifie ce retrait « par une détérioration soudaine de l’économie mondiale – la marque nippone aurait perdu 500 millions d’euros NDLR – qui fait que Mitsubishi Motors doit recentrer ses activités ».

Et donc couper ce qui peut paraître superflu. Les dirigeants japonais, qui reconduisaient d’année en année le budget attribué à l’écurie franco-nippone basée à Pont-de-Vaux, ont tranché dans le vif. Ils ont tiré un trait sur douze trophées raflés sur le Dakar, dont sept consécutifs jusqu’à la victoire finale de Volkswagen le mois dernier. « Mais un succès de notre part n’aurait rien changé à l’affaire », assure Dominique Serieys, le patron de la structure. « Mitsu », qui venait de se mettre au diesel afin de suivre la concurrence allemande, n’aura donc pas laissé le temps à son Lancer de grandir. Du moins officiellement.

Serieys, boss respecté et fou de boulot, est un battant. Il n’a aucune intention de laisser l’écurie, dont il a pris les rênes en 2001, mourir de sa belle mort. Multipliant hier les réunions avec ses cadres techniques et ses équipages, il mise sur un retour sur les pistes du Dakar à titre semi-privé ou semi-officiel, c’est selon. Avec les subsides des sponsors actuels, de nouveaux partenaires et un soutien technique actif de Mitsubishi à défaut d’un budget de fonctionnement – « Le lien familial avec le Japon devrait demeurer » assure Serieys -, les Lancer pourraient alors reprendre la route.

Cela implique évidemment un budget plus serré et la recherche de nouvelles activités « capables de générer du business », et ce grâce à l’usine flambant neuve dans laquelle « l’armée rouge » a emménagé dans l’Ain à son retour d’Amérique du Sud. Reste que les troupes d’élite qui ont porté si haut les couleurs du team japonais devraient subir une saignée. D’après nos informations, Alphand, Peterhansel et sans doute Nani Roma pourraient faire partie de l’aventure s’ils le souhaitent. En revanche, le japonais Masuoka serait sacrifié.

Quoi qu’il arrive – Serieys n’a pas encore partie gagné ! – ce retrait surprise porte un nouveau coup dur au Dakar. Exilée en Argentine et au Chili pour une première globalement réussie, l’épreuve risque d’assister à une fuite des cerveaux. Outre Mistubishi, d’ores et déjà forfait, Volswagen n’a toujours pas annoncé qu’il repartait pour un tour. Il se murmure que les Allemands préféreraient désormais se consacrer au rallye traditionnel.

« Le Dakar a déjà connu des départs d’écuries, comme Peugeot et Citroën. Évidemment, je souhaite que le Dakar reste attractif. Dans ce conteste économique global, on est dans l’expectative.On continue à garder nos contacts. Tout le monde s’adapte à ce contexte, car il y a un effet ricochet pour les partenaires également et nous on ne peut qu’observer et faire au mieux » explique avec regret et étonnement Etienne Lavigne, le directeur de la course. Les semaines à venir s’annoncent décisives.

Olivier Guichard, Le Progrès

Articles similaires :

Laisser un commentaire
Nom :
E-mail :
Site :
Commentaire :